Résumés

Sur une base Savage Worlds

Modérateur : Momo

Avatar de l’utilisateur
Aline
Archiviste-Economat du Culte
Localisation : blagnac
Messages : 1793
Inscription : 28 oct. 2010, 16:58

Résumés

24 oct. 2018, 07:56

- Mais qu’est-ce que je fais là ? ... » Pensa Barthélémy en débarquant à Port-Royal.
Il le savait, bien sûr. Il s’agissait surtout des premiers signes de son découragement. Les raisons qui l’avaient mené à Port-Royal n’étaient guère compliquées, ni sa lassitude, d’ailleurs. Pour comprendre, il suffisait de remonter quelques années auparavant, alors que Barthélémy n’avait que dix ans, le jour où on lui présenta son professeur personnel d’escrime. Dario Di Rivaldi était ce que l’on pouvait aisément appeler un prodige. À vingt-trois ans, il avait déjà acquis une certaine renommée et il était évident qu’un jeune homme de bonne famille comme Barthélémy ne pourrait recevoir meilleure éducation. Les nombreux faits d’armes de Dario forcèrent rapidement l’admiration de Barthélémy. Les Deuclair y virent un merveilleux présage, imaginant que leur fils suivrait ainsi avec plaisir les pas de son mentor et la voie qui lui avait été destinée. Pour ça, Barthélémy ne les déçut pas. Certes, il était rêveur et passait plus de temps au fusain qu’à l’épée, mais ça n’enlevait rien à son talent. Il intégra tôt l’école navale de Bâton Rouge et y réussissait brillamment grâce à la tutelle de Dario.
Par ailleurs, la mère de Barthélémy n’avait pas à se plaindre que son fils soit un coureur de jupons, loin s’en faut, mais comme le disait son père :
- Qu’il se concentre sur sa carrière ! Nous lui trouverons une jolie dot.
Barthélémy finit par avouer ses sentiments à Dario au détour d’une conversation à propos de son désintérêt pour les dames.
- Tu as douze ans… Que connais-tu donc de l’amour ? » Interrogea alors Dario, pourtant il ne rejeta pas Barthélémy.
C’est dans le plus parfait des secrets que leur relation se renforça et cinq ans passèrent ainsi. Il n’était plus si rare de voir Dario se glisser par la fenêtre de Barthélémy à la nuit. Ils restaient alors ensemble jusqu’à l’aube, parfois simplement pour que Barthélémy dessine des nus de Dario.
- Tu devrais quitter l’armée. » Proposa une fois de plus ce dernier en enfilant une chemise, le soleil apparaissant déjà. « Je pourrais t’emmener à Florence. Je connais des gens là-bas, que je pourrais solliciter pour te faire entrer à l’Accademia delle Arti del Disegno. Tu es doué et je t’ai appris l’italien. Tu t’en sortirais très bien.
Il se leva et vint enrouler ses bras autour de Barthélémy.
- Encore que certaines proportions ne soient pas tout à fait exactes. » Lui souffla-t-il à l’oreille. « Rejoins-moi sur le lit avant qu’il ne me faille partir.
La porte de la chambre claqua peu après, interrompant leur étreinte. Dans le couloir, la course de la domestique résonna presque aussi fort que ses cris étranglés appelant sa “très chère Madame”.
- Habille-toi ! » Ordonna Dario, inquiet. « N’emporte rien !
- Mais je ne peux pas partir !
- Décide-toi : c’est eux ou moi.
Barthélémy hésita encore un instant puis il enfila son pantalon et prit le reste de ses vêtements sous le bras pour suivre Dario, main dans la main. Ils se précipitèrent à la fenêtre, qu’ils enjambèrent, puis ils s’élancèrent vers le portail du jardin pour quitter la propriété des Deauclair.
- Où allons-nous ? » Interrogea Barthélémy.
- Nous pourrons disparaître un temps chez les pirates. Là-bas ils ont ce qu’ils appellent le matelotage !
- Qu’est-ce que c’est ?
- Une forme d’union !
- Un mariage ?! » S’écria Barthélémy en s’arrêtant net.
- Le seul qui soit possible pour nous ! Viens !
Barthélémy rattrapa Dario pour fuir à nouveau, débordant d’une joie sans égale.
- Après je t’emmène à Florence… » Ajouta Dario sans pouvoir terminer sa phrase, la main de Barthélémy ayant encore quitté la sienne.
- Dario!’ Appela Barthélémy, désespéré, son père lui enserrant fermement le poignet.
- Abattez ce chien ! » Ordonna celui-ci.
- Tu sais où me trouver… » Cria une dernière fois Dario avant de disparaître derrière le mur du jardin, ses mots étouffés par les tirs.
Une femme de noble famille fut choisie rapidement après pour laver la honte dont Barthélémy avait couvert le nom des Deauclair. Sa mère ne le regardait plus et son père ne l’autorisait plus à sortir de leur demeure sans surveillance, et seulement lors de ses entraînements à l’armée. Il lui était formellement interdit de dessiner à nouveau, tous les nus de Dario brûlé dans la cheminée sitôt découverts. Barthélémy venait de devenir officier quand le jour de son mariage arriva. La promise était une jeune femme de bonne famille, pas vilaine de surcroît, même si son petit nez en trompette ne convenait guère à son visage. Pourtant, il était inconcevable que Barthélémy accepte ce mariage. Malheureusement, il semblait impossible qu’il s’enfuie. Les noces étaient organisées en extérieurs, l’autel érigé au bord d’une falaise, l’endroit grouillait de soldats de sa promotion et les domestiques des Deauclair avaient pour ordres de ne pas le lâcher des yeux. Résigné, Barthélémy avança vers le prêtre et sa future épouse. Proche de l’autel, il accéléra le pas et se jeta à la mer, en contrebas, n’emportant avec lui que sa tenue d’apparat, ses armes, et la chevalière de sa famille.
L’année qui suivit, Barthélémy la passa à fuir de port en port, dormant sur une plage ou sous les ponts, pour échapper à la prime offerte pour sa désertion. À la recherche du moindre indice au sujet de Dario, il échoua finalement sur la célèbre île de Tortuga, mais, une fois de plus, il ne trouva rien. Assis sur un quai, il sortit machinalement une feuille pour y griffonner le visage de Dario, ne sachant plus où aller.
- Tou cherches dé la compagnie, mon mignon ? » Interrogea une voie de femme au fort accent espagnole dans son dos.
- Pas vraiment, merci.
- Tss ! Tou es comme loui ! » Cracha-t-elle avant de se retourner.
- De qui parlez-vous ?
- L’hômme dé ton dessin. Loui non plous né rogardait pas les dames.
- Vous l’avez vu ?
- Pé être, pé être pas. Ici, si tou n’as pas d’argent, tou n’as pas dé réponses.
- Mais je n’ai plus rien… Je ne sais même pas ce que je vais devenir…
La femme posa ses mains sur ses hanches et laissa partir sa tête en arrière en soupirant.
- Valé ! Tou mé fais pitié ! On dit qu’il a attendou et attendou encôre mais il est plou à Tortouga mainténant.
- Où est-il parti ?
- Yé né sais pas… Port Royal yé crois, mais yé né souis pas sour.
- Comment vais-je me rendre là-bas ? Je n’ai pas de quoi payer un bateau.
- Payer ? Non, mon mignon. Tou t’engage et ils te payent. Tou frottes lé pont et la calle. Tou té rend utile et ils t’emmènent à Port-Royal, cômme ton ami. Tou lé retrouves et tou reviens mé payer l’information.
- C’est honnête ! Merci.
Barthélémy embarquait dans le premier bateau en direction de Port-Royal.
Rien de très compliqué en somme. Ici, il cherchait son mentor, son ami… son amant. Il avait tout laissé derrière lui pour ça. Ce n’était pas le moment de se décourager. Barthélémy prit une profonde inspiration avant de continuer à avancer.
Les quais grouillaient de monde, mille odeurs se mêlaient en une, plutôt répugnante, et la racaille était partout. Même en territoire anglais, il n’était pas question de risquer d’être découvert. Barthélémy s’apprêtait donc à tirer une capuche sur son visage quand son attention fut attirée. À seulement quelques mètres de lui, un magnifique carrosse venait de s’arrêter et une jeune femme en descendait déjà. Tout en elle, de ses vêtements à sa démarche, indiquait qu’elle était noble, ce qui lui donnait un attrait inestimable pour les crapules du port. Certains l’encerclaient, d’ailleurs, déjà pour l’attraper.
- Laissez-là ! » Ordonna Barthélémy, son éducation ayant crié plus fort que ses craintes.
Plus loin, une seconde voix lui fit écho puis une troisième, en anglais celle-ci. Une violente altercation s’en suivit, entre noble comportement, du côté de Barthélémy et du troisième à avoir parlé, et brutalité bestiale quand un noir découpa rageusement l’un des agresseurs de la noble dame. Il y eut un coup de feu, du sang, des cris et le silence revint, plusieurs vauriens morts, la femme évanouie.
Dernière modification par Aline le 24 févr. 2019, 21:36, modifié 4 fois.
Je vais te mettre mon pied au cul si fort que celui qui parviendra à le retirer s'appellera Arthur !
Avatar de l’utilisateur
Aline
Archiviste-Economat du Culte
Localisation : blagnac
Messages : 1793
Inscription : 28 oct. 2010, 16:58

Re: Résumés

24 oct. 2018, 07:57

Je ne me souviens plus vraiment de l'ordre du combats du coup je l'ai beaucoup abrégé dans le récit ^^
Je vais te mettre mon pied au cul si fort que celui qui parviendra à le retirer s'appellera Arthur !
Avatar de l’utilisateur
Momo
Sorcier
Contact :
Localisation : Balma
Messages : 2047
Inscription : 30 mai 2007, 10:46

Re: Résumés

24 oct. 2018, 10:11

Ce n'est pas grave. L'essentiel, c'est d'avoir donné le ton : une brève échauffourée pour aider une damoiselle en détresse qui a tourné à la boucherie...
Après, pour relativiser un peu l'incident, on est à Port Royal en Jamaïque. C'est un haut lieu de la flibuste donc de la criminalité. Les bonnes gens considère l'endroit comme, je cite : "la ville la plus dépravée de toute la chrétienté"... Cela n'empêche pas le gouverneur de mener une politique d'assainissement... Quelques pirates en moins ne nuit pas aux affaires et on peut même dire que cela va dans le sens du gouverneur. Après... Assainissement, ça veut dire aussi éviter que ce genre d'incident ne se généralise et participe à cette fameuse mauvaise réputation de l'endroit...
“Empty your mind, be formless… shapeless, like water... Water can flow, or it can crash. Be water, my friend…”

Bruce Lee
Avatar de l’utilisateur
Enormatro
Maître du Culte
Localisation : TOULOUSE
Messages : 4700
Inscription : 31 mai 2007, 22:29

Re: Résumés

24 oct. 2018, 12:04

Merci Aline, pour ce résumé de l'échauffourée.
Je trouve que ta description de l'intervention salvatrice de Toussaint est un chouia réductrice, mais je ne t'en tiendrai pas rigueur, enfin pas en dehors du jeu, s'entend .. :grin:
- Pardon, M'sieur, elle est à vous la hache à deux mains ?
- Oui ?
- Bon, vous voudriez bien l'enlever de mon crâne, parce qu'elle me gêne pour boire ma bière.
[---]
- Merci, trop aimable ...
Avatar de l’utilisateur
Aline
Archiviste-Economat du Culte
Localisation : blagnac
Messages : 1793
Inscription : 28 oct. 2010, 16:58

Re: Résumés

24 oct. 2018, 14:44

Je comprends ^^
Je vais te mettre mon pied au cul si fort que celui qui parviendra à le retirer s'appellera Arthur !
Avatar de l’utilisateur
Aline
Archiviste-Economat du Culte
Localisation : blagnac
Messages : 1793
Inscription : 28 oct. 2010, 16:58

Re: Résumés

20 nov. 2018, 10:21

La femme s’appelait en vérité Virginia Coton : fille d’un honnête corsaire, bien née, mais certainement pas noble, bien qu’éduquée de la meilleure des façons. La rencontre avait fait du grabuge et Barthélémy craignait de se voir arrêté. Il s’apprêtait donc à laisser Virginia aux mains chevaleresques de l’autre noble français, Loïc de Kermadec, lorsque la jeune femme lâcha quelques mots qui le firent tourner la tête.
- Aidez-moi ! Il me faut rencontrer un ami ici… Un marin dans une taverne de pirate.
- Nous allons vous escorter. » Annonça Loïc. « Toussaint, prend donc la caisse de Madame.
Barthélémy jeta un rapide coup d’œil au noir qui s’avançait. « Que voilà un esclave bien habillé. » Se dit-il avant de disparaître dans les rues de Port-Royal, à la recherche de la fameuse taverne où il espérait trouver des informations. Depuis le temps, il avait appris à s’enfoncer dans les plus bas quartiers pour poser ses questions. Il trouva donc rapidement le lieu qu’il cherchait.
En vérité, il s’agissait plus d’un tripot que d’une taverne à proprement parler. L’odeur y était infâme, les tables sales, les hommes saouls, ou si près de l’être qu’il n’y avait aucune différence. Au bar, une femme aussi peu entretenue que le reste de son établissement, d’un embonpoint certain, crachait ses ordres avec une douceur semblable à celle d’une poissonnière.
- Ouais, tu veux quoi ? » Interrogea-t-elle Barthélémy en déposant lourdement sa poitrine sur le comptoir.
- Je suis à la recherche de l’homme de ce dessin. L’auriez-vous vu ? » Demanda-t-il presque timidement.
À bien y regarder, l’endroit ne semblait vraiment pas être le genre de lieu qu’aurait pu fréquenter Dario, ce que confirma la femme, non sans une certaine mauvaise volonté. Un échange fort discourtois s’en suivit avant que la vieille tenancière ne jette Barthélémy dehors.
Sur le port, Toussaint avait été rejoint par un médecin hollandais, un certain Walter, au transport de la caisse de possessions de la jeune Virginia. Un soldat de la marine britannique avait aussi décidé de les suivre pour tirer au clair l’étrange altercation qui venait d’avoir lieu. Ils arpentaient donc à leur tour les ruelles les plus sombres de Port-Royal.
- Mon père était marin au service de Sa Majesté. » Expliqua Virginia en marchant. « Il a disparu il y a longtemps, mais l’une de ses connaissances m’assure avoir retrouvé sa trace. Mr Nots m’a demandé de le rejoindre à la taverne. Il a dit m’y attendre chaque jour pour midi. J’ose espérer qu’il l’a retrouvé vivant…
À leur arrivée devant la taverne, le petit groupe s’immobilisa pour laisser sortir le jeune homme que l’on mettait dehors.
- Vous étiez au port. » Remarqua Virginia en reconnaissant Barthélémy. « Vous avez aidé à me sauver.
- En effet, Madame…
- Que faites-vous ici ?
- Je suis à la recherche d’un ami, mais il ne se trouve pas ici…
- Qui donc ?
- Un marin et une fine lame. Mon mentor en vérité, mais je désespère. Personne ne semble l’avoir vu ici ou ailleurs. Port-Royal était ma dernière piste…
- Venez donc avec nous. L’homme que je dois rencontrer est marin. Il aura peut-être la réponse à votre question.
- Merci, Madame. C’est fort aimable.
Un silence retentissant accompagna l’entrée de Virginia dans le tripot rempli de coupe-jarrets. Un rapide coup d’œil lui permit de trouver celui qu’elle cherchait. L’homme siégeait seul à une table isolée et le groupe s’y dirigea, sans Toussaint qui partit vers l’autre bout de la taverne. Barthélémy s’avança pour s’asseoir aux côtés de Virginia, non sans devoir s’imposer auprès du britannique Tobias. Pourtant, un tic de Nots l’interpella et il laissa finalement sa place pour rejoindre Toussaint, l’inquiétude au creux du ventre. Quelque chose chez cet homme déplaisait à Barthélémy.
- Je suis heureuse de vous voir. » Assura Virginia en s’installant. « Je ne puis attendre plus. Dites-moi comme se porte mon père.
- Je crains de ne pas avoir de bonnes nouvelles à ce sujet. Votre père a été enfermé par le Baron Pitigrew. Un bateau chargé de la solde de la marine française a été abordé par des pirates. Le magot a disparu, caché dans un endroit secret. Votre père faisait partie de pirates.
- Vous mentez ! » S’écria Virginia, perdant son flegme. « Mon père est un homme honnête !
- Pardonnez-moi, mais non. Il n’était pas celui que vous pensiez, voilà tout.
- C’est faux ! Je vous l’assure…
- Malheureusement, c’est une information dont je suis certain. » Affirma Nots, presque compréhensif. « Le baron a enfermé votre père pour être le premier à trouver le trésor. Seulement votre père n’est guère coopératif. Le Baron doit donc changer sa façon de poser ses questions !
À l’autre bout de la taverne, Barthélémy arriva à hauteur de Toussaint. À bien y regarder, rien ne laissait vraiment croire qu’il était esclave. Il ne portait ni collier ni menottes, était vêtu de beaux habits, bien qu’encore tachés de sang. Bartélémy se racla la gorge pour attirer l’attention de Toussaint, en grande discussion avec une étrange créature qu’il était difficile de qualifier d’humain, tant par son odeur nauséabonde que par ce qu’il se dégageait de lui et de ses étranges vêtements.
- Excusez-moi, mais vous êtes bien avec le français assis là-bas, n’est-ce pas ? » Interrogea Barthélémy.
- Oui, pourquoi.
- Et bien je crains qu’ils soient en danger.
- Il sait se défendre. » Affirma Toussaint.
- Je n’en doute pas, croyez le bien, mais l’homme avec qui il parle ne m’inspire guère confiance. Peut-être serait-il mieux que vous le rejoigniez ?
- Il ne craint rien.
- Entendu. » Souffla Barthélémy, déçu du peu de réussite qui le poursuivait. « Veuillez m’excuser. Je vais donc retourner à leur table.
Il eut juste le temps de faire volte-face quand Nots se leva, accompagné de plusieurs autres hommes tout aussi décidés à en découdre. Un premier décocha un coup qui envoya le hollandais Walter au sol. Tobias attaqua un second et deux autres s’acharnèrent sur Walter, qui s’était relevé. Barthélémy s’élança à son tour dans la mêlée puis Loïc et Toussaint. Walter eut enfin l’occasion de rendre les coups subits plus tôt. Les hommes de Nots étaient plus entraînés qu’ils ne le laissaient croire et le groupe peinait à s’en débarrasser, d’autant que partout autour d’eux une violente bagarre s’était déclenchée. Dans la taverne, à la propreté déjà douteuse, assiettes et gobelets volaient pour se fracasser contre les murs ou sur des visages souvent aussi meurtris par les coups de poing. Dans son coin, l’étrange créature profita du grabuge pour s’échapper par une fenêtre afin de mettre fin aux jours d’une brute envoyés au travers du carreau un peu plus tôt.
La situation s’enlisait pour le groupe. Nots et ses hommes avaient le dessus et les blessés s’accumulaient, mais pas de son côté, ou si peu. Pourtant, la chance tourna enfin et Toussaint finit par asséner le coup fatal à Nots, ses hommes morts.
- Partons ! » Ordonna Loïc.
Barthélémy eut juste le temps de constater la mort de Nots avant d’être entraîné dehors, choqué par la perte de sa dernière chance de retrouver Dario. À peine dehors, il saisit Toussaint par le col pour le pousser contre le mur.
- Tu l’as tué, sale nègre ! … » Hurla-t-il, les yeux rouges.
Pour seule réponse, Toussaint lui décocha un violent coup de tête qui envoya Barthélémy au sol, son dos allant frapper le mur. Il y resta, anéanti, incapable de réfléchir. Ses mots avaient dépassé sa pensée, bien sûr, il n’avait rien contre les noirs en vérité, mais sa peine avait pris le dessus et il s’y noyait désormais.
- Venez. » Ordonna Loïc. « Allons nous trouver une auberge.
Le groupe laissa donc là Barthélémy et disparut dans les rues de Port-Royal jusqu’au quartier aux mœurs bien meilleur. Tobias les laissa pour rejoindre sa caserne. Dans une auberge d’excellente qualité, ils eurent enfin l’occasion de se reposer et de manger sans plus de soucis pour le moment.
Seul dans la rue, Barthélémy resta un temps prostré au sol avant de se relever. Il erra sans but, la faim au ventre, les poches vides, sa peine immense, sa honte bien plus grande encore. Il n’avait plus de but, plus de raison d’avancer, plus d’avenir. À quoi bon vivre encore ? Sur les quais du port, il hésita un instant et recula.
- Elle aussi cherchait quelqu’un d’important à ses yeux… Elle ne devrait pas connaître la douleur qui m’étreint…
Ce n’était pas un but, pas une raison de vivre non plus, à peine une mission qu’il se donnait, une promesse qu’il se faisait. Il se détourna de l’océan à la recherche du groupe.
Dernière modification par Aline le 24 févr. 2019, 21:37, modifié 1 fois.
Je vais te mettre mon pied au cul si fort que celui qui parviendra à le retirer s'appellera Arthur !
Avatar de l’utilisateur
Aline
Archiviste-Economat du Culte
Localisation : blagnac
Messages : 1793
Inscription : 28 oct. 2010, 16:58

Re: Résumés

24 févr. 2019, 02:06

Les événements s’enchaînèrent ensuite relativement simplement pour Barthélémy. Il n’eut pas grande difficulté à retrouver le reste du groupe pour s’excuser platement auprès de Toussaint. Ça fait, il put rejoindre Loïc au rez-de-chaussée de leur auberge pour un dîner copieux plus que bienvenu après une longue année de disette.
L’endroit était un élégant hôtel à la décoration et au personnel typiquement anglais. Du flegme des serveurs à la carte de repas proposé, aucune place n’était laissée au débordement bruyant d’un tripot de marin.
Barthélémy y apprit, au détour d’une conversation, que l’homme recherché par Virginia n’était autre que son père : Jebediah Coton, dont elle défendait toujours activement la réputation. La voir s’accrocher avec tant de force à ses convictions et à ses souvenirs de son père rappela à Barthélémy combien il se sentait seul. Un verre après l’autre, goûtant à la boisson pour la première fois, il ne lui fallut pas longtemps pour sombrer dans l’oubli de l’alcool. C’est avec une nette pitié et un certain dépit que Loïc commanda finalement à Toussaint de ramener Barthélémy pour l’aider à se coucher. C’était sans compter sur le besoin pressent du jeune homme d’avoir de la compagnie dans son lit, qu’il fit connaître à Toussaint plus que brutalement une fois dans sa chambre. Un violent coup le ramena à la raison : assommé.
De retour dans la salle de repas du rez-de-chaussée, où l’habituel calme anglais avait été chassé par les bruyants éclats de voix de Walter, Toussaint décida d’aller prendre l’air à l’extérieur. Il y trouva Marcus, son étrange compagnon nauséabond de l’après-midi.
- Le temps presse. » Assura celui-ci de sa voix caverneuse. « Les esprits s’impatientent. Allons l’aider.
- Tu es Baron Samedi ? » Interrogea Toussaint, qui regarda à peine passer Barthélémy, dehors pour vomir. « Je vais chercher le chef.
Un instant plus tard, tout le groupe était à l’extérieur. La discussion qui suivit ne fut pas sans surprise, entre dialogue de sourds, incompréhension et mysticisme. Décision fut prise d’envoyer trois d’entre eux à la villa de Pitigrew pour une “visite” nocturne du domaine.
Alors que Loïc restait à l’auberge pour veiller sur Virginia et, bien sûr, Barthélémy, les autres se faufilèrent à travers les rues toujours actives de la ville. La discrétion de Walter et (insert ici le nom du boucanier que j’oublie toujours...) incontestable, ce n’était pas le cas de Toussaint, qui attira rapidement l’attention des gardes de la villa. C’est avec tout autant de subtilité qu’ils mirent chacun fin à la vie de la plupart de leurs assaillants, mais il était trop tard : l’alarme avait été donnée. Ils laissèrent donc derrière eux un amas, à la découpe toute bouchère, de corps pour retourner à l’auberge.
Au matin, les premiers levés découvrir Barthélémy déjà accoudé au bar, n’en étant pas à son premier verre à le voir tanguer sur sa chaise. Sans vraiment laisser apparaître sa désapprobation, Loïc lui imposa un immonde remède de Walter pour le faire dessaouler. Il lui proposa ensuite un ensemble de rechange, que Barthélémy accepta sans broncher. Il y avait loin qu’il n’avait plus porté d’habits propres, eut l’occasion de s’occuper de sa personne, sa barbe naissante rasée de près, ses cheveux lavés et attachés. Il ressemblait enfin au noble jeune homme qu’il avait été dans une autre vie, ce qui ne l’empêcha pas de sombrer à nouveau dans la boisson sitôt de retour auprès du groupe, dans la salle de repas. Eux parlaient de l’échec de la nuit et envisageaient les options qu’ils avaient pour retrouver Jebediah.
Une approche plus discrète faisait doucement son chemin dans leurs esprits lorsque Tobias fit son entrée dans l’auberge pour les rejoindre. Sa mauvaise humeur de la veille ne l’avait pas quittée, mais lui arrivait-il seulement d’être agréable ? Il s’installa à leur table, sans y être invité, pour les interroger plus que grossièrement sur une étrange attaque sanglante survenue près de la villa de Pitigrew. S’en suivit une joute verbale avec Loïc, n’effaçant en rien la suspicion de Tobias, certain de l’implication du groupe. C’est donc par pur esprit du devoir qu’il resta avec Virgina pour la protéger lorsque Loïc entraîna Toussaint et Barthélémy chez Pitigrew lors d’une rencontre marchande.
Malheureusement, là encore, aucun d’eux ne trouva de traces de Jebediah, certainement retenu ailleurs, à moins qu’ils n’aient tout simplement pas pu tout observer. En effet, l’attaque de la veille avait vu la sécurité de la villa renforcée et ni Toussaint ni Barthélémy ne parvint à se retrouver seul pour explorer un instant le fastueux endroit. Le jeune homme eut, malgré tout, l’occasion de jeter un œil aux jardins du baron, sans plus de succès. Ils ne rentrèrent pourtant pas bredouilles de cette visite. Au cours de sa négociation, Loïc parvint à faire préparer un bateau qui leur serait bien utile s’il leur fallait quitter Port-Royal en catastrophe.
Sitôt de retour, Barthélémy s’assit au bar pour commander du rhum, ce qui était de moins en moins au goût de Loïc, mais qui n’en souffla pas un mot. Walter les rejoignit, puis Toussaint et le reste du groupe, même Marcus. Leur réflexion porta leur attention sur la plantation de sucre de Pitigrew et ses potentiels cabanons. Si Jebediah n’était pas à la villa, il n’y avait pas d’autre piste. Une nouvelle promenade nocturne s’imposait donc, avec l’espoir d’un semblant de plus de discrétion.
Les autres bien décidés à être reposés pour l’intrusion du soir, Barthélémy ne fut, évidemment, pas aussi clairvoyant. Il était donc une nouvelle fois saoul, son dévolu toujours jeté sur Toussaint, lorsqu’il fut temps de partir. Il ingurgita l’horrible remède de Walter, mais il était évident que son regain ne sert que de courte durée. Au moins, il marchait droit et avait l’esprit lucide. Ils laissèrent Virginia sous la surveillance de soldats anglais dépêchés par Tobias et ils quittèrent l’auberge.
La plantation était à l’autre bout de l’île. Elles aussi étaient protégées par quelques gardes, en bien plus petit nombre, et Marcus comme Toussaint parvinrent à en visiter une bonne partie. De son côté, “le boucanier” fit preuve de bien plus de malchance. Il enchaîna les déconvenues, forcé, pour s’échapper, à imiter l’alouette de Port-Royal, une espèce endémique très peu connue. Cette fois, le doute n’était plus possible : Jebediah se trouvait à la villa de Pitigrew, certainement dans l’aile qu’ils n’avaient pas pu approcher. Il était déjà tard, mais le temps pressait. Il avait été enlevé des mois plus tôt et chaque instant pouvait lui être fatal.
À la faveur de la nuit, “le boucanier”, Marcus et Toussaint s’infiltrèrent, une fois de plus, sur le domaine de Pitigrew et, une fois de plus, la discrétion leur fit défaut. Le bruit et la fuite du boucanier laissa place nette aux deux autres pour entrer dans la villa par une fenêtre. Son imitation, pourtant parfaite, de l’alouette de Port-Royal ne lui permit pas de s’échapper à nouveau et c’est à grand coup de fusil qu’il se débarrassa de ses poursuivants.
Inquiété de savoir leurs éclaireurs en danger, n’écoutant que son courage et la noblesse de son éducation, Barthélémy se jeta à la recherche du tireur, mais ils ne se trouvèrent jamais. Le boucanier s’enfonça dans la forêt entourant la propriété pour finalement s’y perdre tandis que Barthélémy suivit par Tobias puis Loïc, fonça droit vers la maison.
Un petit groupe de gardes tenta bien de le stopper, mais il les repoussa rapidement pour laisser à Tobias le choix de leur avenir. Ceux en charge de surveiller la porte d’entrée vidèrent leur fusil sur la statue où il se cacha puis il se rua vers eux sans leur laisser la moindre chance. Sa rapière plantée dans la gorge d’un premier, sa main gauche dans le cœur du second, un troisième déjà au sol, le perron était dégagé à l’arrivée de Tobias, qui avait visiblement eu plus de difficulté à se débarrasser de son groupe. Barthélémy fouilla sans aucun respect les corps pour trouver la clef et la villa se retrouva ouverte en un instant.
De leur côté, Toussaint et Marcus entrèrent par ce qui se révéla être une bibliothèque. Ils la quittèrent rapidement pour, eux aussi, faire front à plusieurs gardes.
- Ça va être une excellente moisson d’âme. » Souffla Marcus, un sourire carnassier accrocher au visage.
Il n’en fallait pas moins à Toussaint pour fondre sur les pauvres hères qui ne résistèrent pas longtemps à sa brutalité. Marcus s’empressa d’ouvrir la porte anciennement gardée pour y trouver de nouveaux prétendants au massacre et, ligoté, Jebediah. Il avait été torturé et portait sur lui le poids des longs jours enfermé par Pitigrew. Après l’attaque de Toussaint pour l’arracher à ses geôliers, il était, en plus, couvert de leur sang, mais au moins était-il en vie. Marcus et Toussaint le firent donc quitter la villa avec la même discrétion qu’à leur arrivée.
À l’entrée de la villa, Barthélémy se retrouva face au baron Pitigrew sortant juste du lit, armé comme lui d’une rapière. Il se précipita au combat pour engager un combat déséquilibré. Certes, il était une fine lame, mais il était encore jeune et Pitigrew avait pour lui le poids de l’expérience. Bien que pris au dépourvu une première fois par la menace d’arrestation de Tobias puis par une insulte de Walter, sa supériorité était écrasante. Barthélémy luttait pourtant avec courage, enragé par l’inaction et la nouvelle mauvaise volonté de Tobias pour l’aider. Par deux fois, il crut prendre le dessus avant de comprendre son échec, la chemise de nuit du baron bien plus fluide qu’il le pensait. Lentement, il se retrouva à ne plus pouvoir que parer dans cet échange qui était en train de tourner à la leçon magistrale. Il ne décollerait pas de sentir sa vie ne plus tenir qu’à l’intervention de Tobias, qui continuait à parler sans agir. Sa haine prit une toute nouvelle dimension lorsque, d’un habile mouvement de poignet, Pitigrew vint lui infliger une longue estafilade au visage, sa vue obscurcie par son sang. Il fit un pas en arrière pour plonger à nouveau au combat dans une attaque désespérée, mais sa rapière perça le vide, le corps de Pitigrew emporté pour la poussée du coup de feu qu’il venait d’essuyer. Envoyé au sol, il se vidait inéluctablement de son sang. Emporté par sa rage, Barthélémy échappa à Loïc et sa lame s’enfonça dans le cœur de Pitigrew sans aucune pitié. Il arracha son arme du corps pour la ranger et se détourna des trois autres pour poursuivre son exploration de la villa, mais un mot de Tobias l’arrêta.
- Vous devriez mieux tenir votre subordonné. » Lâcha-t-il à Loïc.
Le sang de Barthélémy ne fit qu’un tour. Il se jeta sur Tobias, à qui il décocha un violent coup de poing avant de déverser sur lui son tout fiel. Il se détourna de lui pour quitter la pièce sur le conseil avisé de Loïc, non moins méfiant à l’égard de Tobias. Il essaya, malgré tout d’adoucir la situation, remettant à plus tard les longues explications, et ils partirent à la suite de Barthélémy.
Ils découvrirent rapidement le charnier, typique, laissé par Toussaint, qui leur indiqua la réussite de leur mission. Loïc décida donc de quitter au plus vite la villa, suivi de Tobias et Walter, que la bibliothèque avait un temps fasciné. Barthélémy resta en arrière pour chercher quelques pièces qui auraient pu remplir sa bourse vide sur les cadavres. Il s’apprêtait à son tour à partir, mais une vitrine attira son attention. Dedans, la cuirasse devait largement valoir son pesant de pièce de huit : au moins de quoi le mettre à l’abri d’une nouvelle mendicité pour quelques mois. Il n’en hésita pas moins. Après tout, il n’était pas un voleur… Mais il avait cruellement besoin d’argent. Il arracha la cuirasse du mannequin qui la portait et s’enfuit par la fenêtre empruntée par Toussaint et Marcus avant lui.
À l’entrée de la villa, les coups de feu avaient alerté la garde et une patrouille intercepta Loïc, Walter et Tobias. Si les deux premiers essayèrent de justifier leur présence par quelques explications plausibles en affirmant leur inquiétude pour le Baron, le dernier, lui, s’empressa de les trahir, condamnant les soldats à une mort inutile. Loïc ravala une fois de plus son mécontentement et sa colère à l’égard de Tobias pour partir vers l’auberge puis vers le bateau une fois Virginia à leurs côtés.
Après avoir, lui aussi, dû échapper aux soldats, non sans prendre une balle dans le dos au passage, Barthélémy se précipita vers les bas-fonds de Port-Royal. Là, il vendit à la hâte la magnifique cuirasse avant de rejoindre l’auberge à son tour. Il y découvrit leur note payée, les chambres vides, et fit rapidement le lien avec le bateau certainement prêt à appareiller.
À son arrivée, Loïc et Tobias n’étaient pas présents, mais le boucanier l’attendait avec Virginia. Il ne fallut pas longtemps pour que le groupe se retrouve au complet, Jebediah avec eux. Cette fois, Loïc ne se montra pas tendre avec Tobias et lui imposa le choix de rester. C’est dans un silence pesant, entouré d’une nuit à la lune pleine, que le bateau déploya ses voiles, laissant Port-Royal derrière eux.
Je vais te mettre mon pied au cul si fort que celui qui parviendra à le retirer s'appellera Arthur !
Avatar de l’utilisateur
Aline
Archiviste-Economat du Culte
Localisation : blagnac
Messages : 1793
Inscription : 28 oct. 2010, 16:58

Re: Résumés

24 févr. 2019, 22:12

Les tensions déjà présentes au sein du groupe ne mirent pas longtemps à refaire surface. En effet, sitôt Port-Royal quitté, Jebediah les convoqua pour discuter des raisons de son enlèvement et, plus exactement, de ce qu’il prévoyait de faire du trésor enfoui. Cette fois, Virginia ne put plus le nier : Son père était bien un ancien corsaire, mais l’appât du gain les avait conduits, lui et son équipage, à aborder un bateau français contenant la solde de toute l’armée. C’était un pirate. Il n’en était pas moins un homme relativement honnête qui, en échange d’aide pour déterrer les onze coffrets, acceptait de ne partir qu’avec deux neuvièmes du magot : pour lui et Virginia. Le reste devait se répartir entre l’équipage et le groupe. Ce marché, pourtant équitable, éveilla en Barthélémy une nouvelle colère car, même s’il ne l’était plus, c’était en noble qu’il avait été élevé, et ce dans le plus grand respect de sa patrie et de son roi.
- Cet or appartient à la couronne française ! » Gronda-t-il.
- Ce n’est pas comme s’il manquait. » Répondit le boucanier de but en blanc.
Il avait raison, pour sûr. Les soldats avaient certainement déjà été payés à l’aide d’une autre cargaison et le roi ne manquait pas de richesse. Pourtant, Barthélémy s’entêta, relativement soutenu par Loïc. Le reste du groupe se rangea rapidement aux arguments de Jebediah et Tobias en profita pour insulter une fois de plus Barthélémy, à qui il n’en fallait pas plus pour l’attaquer. Il fallut toute la diplomatie de Loïc pour apaiser les tensions entre eux.
- Très bien ! Je m’en remets à votre décision et je jure de ne plus m’en prendre à l’anglais. » Lui promit Barthélémy, encore fulminant. « Mais, s’il me manque encore de respect, je le passe par le fil de mon épée.
Il quitta la pièce sans plus attendre pour rejoindre sa chambre, où il attrapa vélin et fusain pour partir dessiner sur le pont. Resté dans la salle, Loïc se rangea au choix du plus grand nombre. En vérité, il aurait été bien compliqué de s’opposer au groupe, à Jebediah et à l’équipage dans un même temps.
Trois jours les séparaient de l’île où était enterré le trésor et la chance était de leur côté. Un vent favorable gonflait leurs voiles pour les faire avancer bien plus vite que prévu. Leur répit ne serait pourtant probablement que de courte durée, d’épais nuages noirs s’amassant déjà au loin. La plupart d’entre eux eurent aussi plusieurs fois l’occasion d’apercevoir quelques voiles blanches à l’horizon, signe qu’ils étaient probablement suivis.
Les tensions s’étaient apaisées entre Tobias et Barthélémy, en apparence seulement. Le second respectait la promesse faite à Loïc et pour se faire, il se tenait aussi loin que possible de la bouteille. La rumeur n’avait, cependant, pas tardé à se rependre sur la légèreté de ses mœurs. C’était pourtant en toute discrétion qu’il s’offrait volontiers à qui avait quelques pièces à dépenser. Pour le reste, il se montrerait d’une courtoisie s’en limite à l’encontre de Virginia qui, en plus d’être d’une grande beauté, s’était toujours montrée avenante avec lui. Il trouvait même sa présence tout aussi agréable que celle de Dario, autrefois. Pour les autres, chacun aidait au mieux. Walter ne quittait que rarement le chevet de Jebediah, qui guérissait lentement. Toussaint, lui, s’était rapidement intégré à l’équipage et Marcus avait naturellement investi le fond de cale. Loïc, lui, profitait de sa cabine particulière pour s’éviter le contact des marins.
Deux jours étaient passés lorsqu’apparut l’île où était caché le trésor. Les voiles à leur poursuite avaient disparu depuis le matin, mais ils auraient de la chance s’ils parvenaient à éviter la tempête qui menacer désormais de frapper à tout instant. Elle ne leur laissa finalement que le temps de débarquer avant d’éclater en un typhon d’une incroyable violence. Abrités par l’épaisse forêt qu’ils devaient traverser, elle ne les ralentit pas, mais une profonde obscurité s’abattit sur eux. Barthélémy se porta à l’aide de Virginia pour l’aider à avancer, ne manquant pas d’attirer l’attention de certains membres du groupe sur son attirance toute nouvelle pour la jeune femme. Ce n’est pas sans arrière-pensées qu’il proposa de rester auprès d’elle pour la protéger, une fois la cabane des contrebandiers trouvée. Il espérait, en effet, voler quelques instants de solitude avec celle qu’il voyait désormais comme sa dame de cœur (hommage aux cartes ^^) en attendant le retour de Jebediah, qui devait conduire les autres à la cache. Il fut, pourtant, presque surpris de la voir se pencher vers lui pour lui voler un baiser juste avant l’arrivée de Jebediah et Walter. Un silence pesant s’installa dans la cabane abîmée.
Non loin de là, le reste du groupe devait affronter les éléments avec courage pour mettre à jour les coffrets pleins d’or. Même avec la lanterne tenue par Loïc, ils n’y voyaient presque rien, leurs visages battus par les pluies torrentielles de la tempête. La nuit était déjà là depuis plus d’une heure lorsqu’enfin ils revinrent à la cabane à leur tour.
Je vais te mettre mon pied au cul si fort que celui qui parviendra à le retirer s'appellera Arthur !
Avatar de l’utilisateur
Aline
Archiviste-Economat du Culte
Localisation : blagnac
Messages : 1793
Inscription : 28 oct. 2010, 16:58

Re: Résumés

07 mars 2019, 02:33

La journée avait donc été longue, mais fructueuse, pour eux et rien n’aurait pu les empêcher de tomber dans le sommeil d’un repos bienvenu, pas même les bruits de la forêt ou la tempête, qui s’essouffla finalement en milieu de nuit. De ceux restés dehors, seuls Marcus et Barthélémy entendirent approcher la mort aux dents pointues. La dizaine d’autochtones rabougris annonça son arrivée en s’attaquant à Tobias et Walter, réveillés par la violente douleur à l’arrière de leurs crânes. La masse informe de Marcus se redressa et un large sourire éclaira son visage, une lueur meurtrière dans les yeux. La lune se refléta à peine sur la lame de sa dague lorsqu’il la plante dans un premier corps avant de se jeter sur sa seconde victime. De son côté, Barthélémy tenait tout juste ses assaillants à distance, gêné par la profonde obscurité autour d’eux. Le bruit de la porte de cabane qui s’ouvrait à grand fracas détourna son attention un court instant, suffisant pour que l’un de ses attaquants en profite. Une lance s’enfonça dans son épaule, son cri de douleur couvert par un premier coup de feu. Il s’aperçut que Toussaint et Loïc s’étaient joints combat lorsqu’il tomba à genoux, l’arme arrachée de son corps. Usant de son habituelle finesse bestiale, Toussaint avait déjà fracassé le crâne d’un premier homme de son sabre d'abordage, mais sa hache trancha dans le vide, la tête d’un deuxième sauvage éclatée par le fusil du boucanier. Il lui lança un regard noir et se précipita à l’aide de Tobias et Walter. Loïc, lanterne à une main, effaça sans peine ses propres adversaires avant de rejoindre Barthélémy. Restés sans lumière et en sous-nombre trop longtemps, tous trois étaient lourdement blessés, mais défendaient courageusement leurs vies. Un nouveau coup de feu amena le silence autour d’eux et un dernier éclair argenté abattit le cannibale encore debout.
Le calme revint, laissant le son des vagues leur parvenir en douce musique apaisante, puis la forêt reprit sa puissante cacophonie. Walter s’empressa de se porter à l’aide des blessés, lui le premier, mais Barthélémy le repoussa pour aller vérifier que Virginia n’avait rien. Rassuré, il se laissa tomber contre le mur branlant de la cabane et Walter put enfin le soigner.
Au matin, ils abandonnèrent l’odeur du sang pour celle des embruns et c’est une mer d’huile qui accueillit leur radeau, mais l’heure n’était pas au répit. Les voiles blanches à l’horizon hier étaient sur eux aujourd’hui. La crique où ils étaient amarrés à peine quitter, leur navire essuya un premier bombardement sans subir de dégât.
- Tirez ! » Ordonna à son tour le capitaine de leur bateau.
Au bruit des canons répondit celui des boulets qui perçaient la coque dans face dans un grand fracas de bois éparpillé. Une deuxième salve leur permit de semer l’embarcation à l’orgueilleux pavillon noir.
L’altercation ne fut bientôt plus qu’un lointain souvenir. Un épais brouillard enveloppa rapidement leur navire, amenant avec lui une chape de silence plus lourde que le plomb. De rares marins s’autorisaient à murmurer : plus pour s’assurer qu’ils n’étaient pas seuls à craindre le surnaturel de la situation que pour vraiment parler. Tous cherchaient les autres du regard, unis dans une même torpeur glacée. Certains commençaient même à fouiller leur mémoire à la recherche d’histoires ou de légendes, mais un bruit les tira de leur réflexion. Entendaient-ils réellement des pleurs à l’avant du bateau ? Comment était-ce possible en haute mer ?
Marcus fut le premier à découvrir l’apparition. Dans les airs, une jeune femme, au visage caché par ses mains, se morfondait à grand flot de larmes.
- Peut-on vous aider ? » Proposa Barthélémy en tendant vers elle son bras valide.
Dans son dos, Toussaint se rapprocha de Marcus pour l’interroger sur l’origine d’une telle magie, sans recevoir de réponse. Les sanglots de la femme redoublèrent, pourtant Barthélémy insista encore. Les pleurs se muèrent lentement en plaintes puis en cris et elle disparut aussi vite qu’elle était apparue. Le brouillard s’évapora en un instant et la tempête se releva. Autour d’eux, tout n’était plus que mort. Des corps gonflés d’eau se heurtaient aux débris de navires fracassés pris dans d’étranges filets d’algues. Les hurlements des survivants hantaient encore les lieux, mais pour combien de temps ?
Je vais te mettre mon pied au cul si fort que celui qui parviendra à le retirer s'appellera Arthur !
Avatar de l’utilisateur
Momo
Sorcier
Contact :
Localisation : Balma
Messages : 2047
Inscription : 30 mai 2007, 10:46

Re: Résumés

13 mars 2019, 17:18

Merci Aline pour ces résumés. Il y a quelques imprécisions et quelques fautes de grammaire mais je t'en ferai part par MP dès que j'en aurai le temps. Rien de grave car on suit bien l'histoire.
Juste quelques précisions rapides :
- le nom du boucanier c'est Eric le basque
- la femme pleurait doucement et à aucun moment, elle ne s'est mise à crier ou à redoubler de pleurs
- aucun hurlement de qui que ce soit après la fin du brouillard et la disparition de la femme en pleurs, juste une tempête déchainée
- la tempête ne s'est pas levée petit à petit, vous vous êtes retrouvés au beau milieu d'une tempête déjà en place dès que vous êtes sortis du brouillard, il n'y a pas eu de transition, c'était brutal
- autour de vous, il n'y a qu'un enchevêtrement de corps/débris divers/épaves de navires, on dirait une mer de débris, un cimetière maritime, il n'y a aucun survivant en vue et la seule animation c'est la super tempête qui est encore plus forte que celle que vous avez essuyé sur l'île au trésor
“Empty your mind, be formless… shapeless, like water... Water can flow, or it can crash. Be water, my friend…”

Bruce Lee
Avatar de l’utilisateur
Aline
Archiviste-Economat du Culte
Localisation : blagnac
Messages : 1793
Inscription : 28 oct. 2010, 16:58

Re: Résumés

14 mars 2019, 12:47

J'avais dû grave décrocher sur la fin de partie :sweat: Je corrigerais ça vite fait.
Je vais te mettre mon pied au cul si fort que celui qui parviendra à le retirer s'appellera Arthur !

Revenir à « Pirates »